Méditation pour la
fête de st Thomas !
Merci Thomas !
Oui, merci Thomas, notre jumeau à tous, pour cette merveilleuse
confession de foi, que nul autre disciple avant toi n’avait
prononcée !
Merci Thomas, pour ton désir de voir Jésus ressuscité afin de croire.
C’est toi qui nous vaut une heureuse béatitude, ouvrant le chemin pour notre
foi : Heureux ceux qui croient sans avoir vu.
Merci Thomas. Souvent, on sourit en pensant à toi, on se dit : voilà
le champion de l’incrédulité. Cela ne t’a pas suffi de fuir avec les autres
disciples lors de l’arrestation de Jésus, voilà que tu exiges maintenant des
preuves, plutôt que de te fier à la parole de tes compagnons. Mais dans le
fond, si on y regarde de plus près, les autres n’avaient pas cru la parole des
femmes annonçant la résurrection.
Merci Thomas, pour ta persévérance. Tu as connu le drame de la mort de
ton maître alors que tu avais placé en lui toute ton espérance. Toi qui
voulais toujours aller avec lui, toi qui t’étais avancé et avait encouragé les
autres disciples, à partir avec Jésus pour visiter Lazare, en disant
courageusement : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec
lui ».
Tu étais dans la souffrance et le désarroi face au supplice et à la mort
de Jésus, et à la différence des autres disciples claquemurés dans leur peur,
tu as quand même risqué tes pas, hors du Cénacle, tu as osé quitter cette pièce
où les portes étaient verrouillées pour continuer à vivre en plein vent, comme
Jésus vous y avait habitués.
Merci Thomas, toi, qui avais ce goût de la route. Lors du dernier repas
Jésus avait annoncé qu’il partait préparer une place dans la maison de son
Père, et avait ajouté, que vous les disciples vous connaissiez le chemin. Et
toi, Thomas tu as voulu plus de précision sur l’itinéraire à suivre : Seigneur,
nous ne savons même pas où tu vas, comment pourrions savoir le chemin ?
Et tu as accueilli la réponse de Jésus : Je suis le chemin, la
vérité et la vie. Personne ne va au Père si ce n’est par moi.
Oui, merci Thomas. Tu es vrai disciple de Jésus. N’appelait-on pas les
premiers chrétiens les adeptes de la voie ? du chemin ?
Plutôt que de rester prisonnier de la peur, tu étais absent du lieu où se
tenaient les autres, lorsque Jésus vint. On peut s’en étonner. Pourquoi Jésus
n’a-t-il pas attendu ton retour ? Car tu n’avais pas rompu avec la
communauté. Tu refusais juste de vivre emmuré dans la peur. Lorsque tu reviens
auprès des disciples, je comprends ton désarroi, lorsqu’ils t’ont dit : Nous
avons vu le Seigneur. Tu voulais bien suivre ton Maître à la mort, tu
voulais bien prendre le risque de sortir de la peur, pour aller le chemin. Mais
delà à croire à l’inouï ! Quand on a vu son maître suspendu à la
croix, quand on a vu la réalité du supplice, on n’est pas vraiment prêt à
croire à la résurrection. Et toi, Thomas, tu préfères assumer la douleur, que
de t’illusionner dans un rêve merveilleux.
Tu réclames un chemin pour ta foi, et par là pour la nôtre. Si je ne
vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à
l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son coté, non je n’y
croirai pas. Et Jésus ne reste pas sourd à ton appel. Il entend ton
désir de croire, aussi ardent que ta douleur face à la mort. Et Jésus t’invite,
et nous tous à ta suite : avance ta main, et mets là dans mon coté...
Et devant le chemin du cœur ouvert de Jésus, mon cher Thomas, tu t’engouffres.
Tu avances bien plus avant dans la foi, en ce merveilleux cri : mon
Seigneur et mon Dieu.
Merci Thomas, tu nous ouvres un chemin de foi, pour aujourd’hui. Dans les
traces de la douleur du Fils de Dieu, tu découvres son cœur. Dans la confession
de sa passion, tu découvres le visage d’un Dieu d’amour qui nous a aimés
jusqu’au bout.
Tel est le Seigneur que tu confesses au milieu de la communauté des
croyants.
Sr Thérèse-Marie
Un grand bonheur que tu nous fasses découvrir Thomas, l'homme de foi plutôt que l'incrédule comme trop souvent présenté. Avec lui, le "merveilleux" cède le pas à l'implacable réalisme de notre
RépondreSupprimercondition humaine et c'est très heureux qu'il en soit ainsi. Sans lui me serait-il possible de croire sans voir ? Je n'en sais rien mais il m'aide parce qu'il nous rejoint.
Raymond