Ce cri est celui que la liturgie place sur les lèvres de
Marie-Madeleine, au matin de la résurrection (dans la séquence de Pâque, plus
exactement). Un cri qui est mien. En définitive, là est toute mon espérance:
dans le Christ ressuscité. Il est mon espérance. Comme le notait Jean D. dans
un commentaire du blog, il n'est d'autre "réponse possible face à la
misère, la souffrance, la mort que d'espérer ; mais il s'agit d'autre chose que
d'espoir ; car "l'espérance commence là où l'espoir finit" (Scio Cui
credidi et certus sum... je sais en qui je crois et je suis convaincu...)"
Si beaucoup de nos espoirs peuvent se voir déçus, se briser sur la dure réalité
du quotidien, l'espérance, elle, demeure: au delà de la croix, il y a la résurrection.
Et la résurrection du Christ annonce la nôtre, inaugure la nôtre. Est-ce opium? Je ne le pense pas. La
résurrection ne gomme en rien la réalité de la mort, de la souffrance, mais
elle me permet de les lire comme un passage, de les inscrire comme étape sur un
chemin, et non comme le terme.
L'espérance de la résurrection donne sens à mon quotidien : oui, il me
faut ratifier cette espérance par tout mon agir... Si telle est ma destinée,
quel ne doit pas être mon aujourd'hui? L'espérance de la résurrection tisse
aussi en éternité toutes les relations. Accompagner quelqu'un jusqu'à ce grand
moment de sa mort, devient l'accompagner jusqu'au seuil de l'éternité, lui
permettre d'aller vers la Vie en plénitude. Et savoir, qu'en lui, une part de
moi, prend aussi le chemin de cette vie. La communion nous relie, par delà
l'adieu qu'il faut se dire dans le chemin de deuil. La communion nous relie et
nous prépare à faire nous aussi un jour ce grand passage... Et pour toi? Qu'en
dis-tu? Inscris-tu la résurrection au coeur de ton espérance? Habite-t-elle ton
agir? tes relations?
Sr Thérèse-Marie






